Édition du matin · samedi 12 septembre 2026 · LibrevilleEN DIRECT
Le Brief.
Société

792 hectares de forêt perdus à cause des mines en six mois

Un dixième des surfaces défrichées se trouve hors des zones autorisées.

Entre janvier et juin 2026, les activités minières ont fait disparaître 791,55 hectares de couvert forestier au Gabon, selon des données de surveillance satellite. L'essentiel se situe dans les périmètres légalement exploités, mais une partie révèle des empiètements hors permis.

Image aérienne d'une portion de forêt gabonaise avec une zone défrichée visible près d'une exploitation minière
Suivi par imagerie satellite des surfaces forestières touchées par l'activité minière au premier semestre 2026.

Les chiffres à retenir

La surveillance par imagerie spatiale a détecté 791,55 hectares de forêt disparue liés à l'activité minière sur le premier semestre 2026. Deux catégories se dégagent nettement :

  • 706,16 hectares (89,21 %) perdus à l'intérieur des périmètres couverts par des permis miniers en règle ;
  • 85,39 hectares (10,79 %) observés en dehors de ces zones, signe d'empiètements sur des espaces non autorisés à l'exploitation.

Ces données proviennent des outils de suivi de l'Agence gabonaise d'études et d'observations spatiales, qui scrute en continu l'évolution du couvert forestier national par satellite.

Pourquoi ça compte pour le Gabon

Le Gabon affiche l'un des taux de couverture forestière les plus élevés du continent, une richesse qui pèse dans les négociations climatiques et dans l'image du pays à l'international. Chaque hectare perdu hors permis interroge sur le respect des limites fixées aux opérateurs, petits comme grands.

La part largement majoritaire de déforestation dans les zones autorisées montre que l'extraction minière, même encadrée légalement, a un coût environnemental direct. C'est le prix d'une activité qui contribue aussi aux recettes de l'État et à l'emploi local.

Ce qu'il faut surveiller

Les analyses évoquent la contribution notable de petites exploitations dans ce bilan, un signal qui appelle à un contrôle renforcé sur le terrain, au-delà des grands sites déjà bien identifiés. La capacité des autorités à distinguer déforestation « encadrée » et empiètements illégaux sera déterminante pour la suite.

À retenir : sur six mois, près de 8 forêts sur 10 hectares perdus l'ont été dans des permis en règle — mais un dixième s'est joué hors des radars officiels.

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