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Le Brief.
International

Des cartels mexicains repérés au Nigeria, alerte pour l'Afrique

Deux laboratoires de méthamphétamine démantelés au Nigeria relancent la crainte d'une implantation durable des cartels mexicains sur le continent.

Deux laboratoires clandestins de méthamphétamine ont été démantelés au Nigeria en mai puis juin 2026, avec quatre ressortissants mexicains parmi les quinze suspects arrêtés. Une saisie évaluée à 363 millions de dollars relance les craintes d'une implantation plus profonde des cartels sud-américains en Afrique de l'Ouest, aux portes du Sahel.

Port de commerce en Afrique de l'Ouest avec conteneurs empilés
Le trafic de drogue en Afrique de l'Ouest change de nature, selon des arrestations récentes au Nigeria.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux laboratoires démantelés dans les États d'Ogun et d'Oyo, au Nigeria, en mai puis en juin 2026.
  • 15 suspects interpellés, dont 4 de nationalité mexicaine.
  • 363 millions de dollars de drogue et de matériel saisis, un montant qualifié de record pour la région.
  • Ces arrestations suggèrent un changement de méthode des cartels du Sinaloa et du CJNG (Cartel Jalisco Nouvelle Génération), qui passeraient du simple transit à une logique de production locale.

Du transit à la production

Jusqu'ici, l'Afrique de l'Ouest servait surtout de couloir de passage pour la cocaïne sud-américaine en route vers l'Europe. La présence de ressortissants mexicains directement liés à des sites de production de méthamphétamine, une drogue de synthèse plus rapide et moins coûteuse à fabriquer que la cocaïne, marque une rupture.

Selon nos informations, cette mutation inquiète les services de sécurité régionaux : un laboratoire installé sur place échappe davantage aux contrôles portuaires et permet aux cartels de réduire les risques de saisie liés au transport transatlantique.

Une menace qui déborde vers le Sahel

Le lien entre ces arrestations nigérianes et une expansion vers le Sahel repose pour l'instant sur une source unique, et mérite d'être traité avec prudence. Le Sahel, déjà fragilisé par l'instabilité sécuritaire et la faiblesse de certains contrôles frontaliers, présenterait un terrain propice à ce type d'installation si la tendance se confirmait.

Et pour le Gabon ?

Le pays n'est pas au cœur de cette zone, mais le golfe de Guinée reste une façade maritime exposée aux trafics transnationaux. Toute expansion des cartels sud-américains sur le continent africain renforce l'argument d'une coopération régionale accrue en matière de surveillance des côtes et des frontières, un enjeu que partagent l'ensemble des États du littoral atlantique africain.

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