Édition du matin · samedi 12 septembre 2026 · LibrevilleEN DIRECT
Le Brief.
Société

Funérailles fastueuses, hôpitaux à l'abandon : une tribune interpelle le Gabon

Un ancien haut fonctionnaire s'interroge sur le faste des obsèques quand les malades attendent des soins de base.

Une tribune signée par un ingénieur retraité, ancien directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile, dénonce un paradoxe gabonais : la générosité déployée pour enterrer les morts contraste avec la pauvreté des moyens consacrés à soigner les vivants. L'auteur y voit une dérive d'une tradition bantoue autrefois centrée sur la dignité et la solidarité.

Tente de cérémonie funéraire dressée devant une maison, illustration du contraste avec l'accès aux soins
Le faste des obsèques questionné face à l'état des soins de santé, selon une tribune récente.

Une tradition qui a changé de visage

Dans les sociétés bantoues, rappelle l'auteur, accompagner un défunt était un acte de communion : entourer la famille, honorer une mémoire, se recueillir ensemble. Ce moment de solidarité, selon la tribune, se serait progressivement transformé en démonstration de faste, où l'ampleur des dépenses funéraires devient presque un marqueur social.

Le prix de l'au revoir

Cercueils onéreux, catafalques, tentes, sonorisation, repas pour des centaines de convives : l'auteur décrit des budgets d'obsèques qui, selon lui, peuvent dépasser ce que beaucoup de familles investissent dans la santé ou l'éducation de leurs proches vivants. Le constat qu'il pose n'est pas chiffré par des données officielles — il s'agit d'une analyse personnelle, mais elle touche une réalité que beaucoup de Gabonais reconnaissent dans leur entourage : s'endetter pour un enterrement, quand on hésite à payer une consultation.

Soigner d'abord, enterrer ensuite

Le cœur de l'argument est là : pourquoi tant de moyens mobilisés une fois le mal fait, et si peu en amont, pour la prévention ou l'accès aux soins ? L'auteur appelle à un sursaut collectif pour replacer l'accompagnement des vivants — accès aux hôpitaux, aux médicaments, à une prise en charge digne — au centre des priorités familiales et sociales, sans pour autant renier le respect dû aux morts.

Ce texte reste une opinion, portée par un seul auteur et publiée sur une seule plateforme suivie par nos soins. Il n'a pas la valeur d'une étude, mais il pose une question que beaucoup se posent tout bas : à quoi doit vraiment servir l'argent de la famille, avant qu'il ne soit trop tard ?

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