Édition du matin · samedi 12 septembre 2026 · LibrevilleEN DIRECT
Le Brief.
Politique

Refondation : un ex-ministre réclame une «doctrine d'État»

Dans une tribune, Yves Fernand Manfoumbi appelle à fonder la refondation sur la planification et l'évaluation plutôt que sur des ajustements de surface.

Ancien directeur général du budget et ancien ministre, Yves Fernand Manfoumbi a publié le 15 juillet une tribune sur sa page Facebook appelant à un « virage conceptuel radical » de l'État gabonais. Son message : sans doctrine claire, planification rigoureuse et évaluation systématique des politiques publiques, la refondation promise restera cosmétique.

Bâtiment administratif gabonais, illustration de la gouvernance publique.
La refondation de l'État gabonais fait l'objet de débats sur la méthode à adopter.

Un plaidoyer pour changer de méthode

Dans un texte diffusé sur son compte Facebook, Yves Fernand Manfoumbi défend l'idée que la refondation en cours ne peut se limiter à des retouches administratives. Pour cet ancien haut fonctionnaire du budget, l'enjeu est de doter le Gabon d'une véritable doctrine d'État, c'est-à-dire un cadre de pensée cohérent qui oriente durablement l'action publique, au-delà des changements de gouvernement.

Planifier, puis évaluer

Selon lui, cette doctrine doit s'appuyer sur deux piliers : une planification rigoureuse des politiques publiques, et une évaluation systématique de leurs résultats. Concrètement, il s'agit de fixer des objectifs mesurables avant de lancer un programme, puis de vérifier après coup s'il a réellement produit les effets attendus — une pratique encore peu institutionnalisée dans l'administration gabonaise.

Ce que cela changerait, concrètement

Si cette approche était adoptée, les décisions publiques — budgets, projets d'infrastructures, réformes sociales — reposeraient davantage sur des données vérifiées que sur des annonces ponctuelles. Cela permettrait, en théorie, de mieux mesurer si l'argent public investi produit des résultats tangibles pour les Gabonais, et d'ajuster les politiques qui ne fonctionnent pas.

À retenir

Cette tribune reste, pour l'heure, une prise de position individuelle et non une annonce officielle. Elle relance toutefois un débat de fond sur la manière dont l'État gabonais conçoit, met en œuvre et contrôle ses réformes — un sujet qui dépasse la personne de son auteur et qui pourrait nourrir les discussions autour de la refondation institutionnelle en cours.

À lire aussi