Édition du matin · samedi 12 septembre 2026 · LibrevilleEN DIRECT
Le Brief.
Culture

Une tribune plaide pour la culture comme moteur du développement

Pour Ike Ngouoni Aila Oyouomi, sans récit collectif, aucune réforme économique ne tient durablement.

Dans une tribune, Ike Ngouoni Aila Oyouomi, président du cabinet de conseil stratégique AILA, défend une idée simple mais dérangeante : le vrai frein au développement du Gabon ne serait ni le budget ni les routes, mais l'absence d'un récit collectif partagé. Il appelle à traiter la culture comme une infrastructure, au même titre que l'électricité ou les ports.

Illustration symbolisant la culture comme pilier du développement au Gabon
La culture, moteur discret du développement selon une tribune récente.

Ce qu'il dit

Dans son texte, Ike Ngouoni Aila Oyouomi renverse une hiérarchie tenace. On pense d'abord routes, ports, énergie, budget — la culture vient après, presque en option. Lui affirme l'inverse : sans récit collectif capable de donner du sens aux transformations, les réformes s'essoufflent, même bien financées.

Son raisonnement : une infrastructure sert à faire circuler quelque chose — l'eau, l'électricité, l'information. La culture, dit-il, fait circuler le sens et l'adhésion. Sans elle, un projet de développement reste une addition de chantiers, sans direction commune.

Pourquoi ça compte pour le Gabon

L'argument dépasse la posture intellectuelle. Il touche à une question concrète : comment faire tenir ensemble des politiques publiques — diversification économique, transition post-pétrole, aménagement du territoire — si les citoyens n'y voient pas un projet qui leur parle.

Pour Ngouoni, la culture n'est pas un supplément d'âme réservé aux musées ou aux festivals : elle façonne la manière dont une société se raconte son avenir, accepte ou rejette un changement, se mobilise ou se démobilise.

Ce qu'il faut retenir

  • La thèse : le principal obstacle au progrès serait un déficit de récit collectif, pas seulement un déficit de moyens.
  • L'appel : intégrer la culture aux stratégies de développement, comme une infrastructure à part entière.
  • Le statut du texte : il s'agit d'une tribune, donc d'une prise de position, à distinguer d'une décision publique ou d'un programme officiel.

Aucune mesure gouvernementale n'accompagne pour l'instant cette proposition. Elle relève du débat d'idées, mais pose une question que les prochaines politiques culturelles gabonaises devront, tôt ou tard, trancher.

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