Édition du matin · samedi 12 septembre 2026 · LibrevilleEN DIRECT
Le Brief.
Économie

Cameroun : 652 milliards FCFA envoyés par la diaspora en un an

Une manne financière que Yaoundé veut désormais canaliser vers l'épargne longue.

La diaspora camerounaise aurait transféré près de 652 milliards FCFA vers son pays d'origine, en hausse de 8% sur un an, selon des informations concordantes. Une étude vient d'être présentée à Yaoundé pour transformer une partie de ces fonds, aujourd'hui absorbés par les dépenses courantes, en produit d'épargne réglementé.

Liasse de billets FCFA symbolisant les transferts financiers de la diaspora
Les transferts de la diaspora camerounaise auraient atteint 652 milliards FCFA sur un an, selon des informations concordantes.

Ce qu'il faut retenir

  • La diaspora camerounaise aurait envoyé environ 1,2 milliard de dollars, soit près de 652 milliards FCFA, vers le Cameroun sur la période récente.
  • Ce montant serait en progression de 8% sur un an.
  • L'essentiel de ces fonds sert aujourd'hui aux dépenses courantes des ménages plutôt qu'à l'investissement de long terme.
  • La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) a présenté à Yaoundé une étude baptisée DIASDEV, visant à créer un produit d'épargne réglementé dédié aux Camerounais de l'étranger.

Une manne encore mal exploitée

Les transferts d'argent de la diaspora représentent, dans plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, une ressource financière souvent supérieure aux investissements directs étrangers. Selon les informations recueillies, la restitution du projet DIASDEV s'est tenue le week-end dernier à l'hôtel Hilton de Yaoundé, en présence de responsables de la CDEC.

L'objectif affiché : sortir ces flux de la seule logique de soutien familial immédiat pour les orienter vers de l'épargne longue, susceptible de financer des projets structurants au Cameroun.

Et pour le Gabon ?

Le Gabon n'échappe pas à la question. Sa propre diaspora envoie chaque année des sommes vers le pays, sans dispositif d'épargne dédié équivalent à ce que la CDEC tente de mettre en place. L'initiative camerounaise, si elle se concrétise, pourrait servir de modèle régional pour capter davantage ces flux au bénéfice du développement local plutôt que de la seule consommation.

Une prudence de mise

Ces chiffres proviennent à ce stade d'une source unique et n'ont pas encore été recoupés par d'autres institutions, notamment la banque centrale régionale. Il conviendra de suivre l'avancée concrète du projet DIASDEV avant de mesurer son impact réel sur l'épargne des Camerounais de l'étranger.

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