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Le Brief.
Économie

Petits métiers réservés aux Gabonais : le décret resté lettre morte

Un an après son annonce, la réservation de sept petits métiers aux nationaux peine à se concrétiser sur le terrain.

Le 12 août 2024, le gouvernement annonçait réserver sept catégories de petits métiers aux seuls Gabonais, du commerce de proximité à la coiffure de rue. Douze mois plus tard, selon nos informations, le texte n'aurait connu aucune mise en application visible. Ce que l'on sait, ce qui reste flou, et ce qu'il faut surveiller.

Étals de petits commerces dans une rue de Libreville
Le commerce de proximité fait partie des sept métiers visés par le texte annoncé en août 2024.

Ce que prévoyait le texte

L'annonce, faite en août 2024, visait à sanctuariser certaines activités pour les nationaux, dans un secteur informel largement occupé par des ressortissants étrangers. Parmi les métiers cités figuraient le commerce de proximité, les envois d'argent non agréés, la réparation de téléphones et petits appareils et la coiffure et les soins esthétiques de rue. L'objectif affiché rejoignait une préoccupation ancienne : donner de l'air à l'emploi des jeunes Gabonais dans des créneaux jugés accessibles et peu capitalistiques.

Un an après, le flou persiste

Selon nos informations, aucun dispositif de contrôle ou de sanction lié à ce texte n'aurait été observé sur le terrain, à Libreville comme dans les autres grandes villes. Les marchés, les quartiers de Nkembo ou d'Akébé continuent de fonctionner comme avant, sans distinction apparente entre commerçants nationaux et étrangers. Aucune communication officielle récente n'a été identifiée pour faire le point sur l'application du décret, ni pour en expliquer les difficultés de mise en œuvre.

Cette situation illustre un défi classique de l'action publique au Gabon : l'écart entre l'annonce et l'exécution, souvent lié au manque de moyens de contrôle ou à la complexité d'identifier, dans une économie informelle, qui exerce quoi et pour le compte de qui.

Quelles suites possibles ?

Dans ce type de dossier, la marche à suivre est connue : un bilan chiffré de l'application du texte, une clarification des sanctions prévues pour les contrevenants, et un calendrier de contrôle assumé par les ministères concernés. Sans ces étapes, le risque est que le décret reste, comme le pointent nos informations, un texte sans effet réel.

Ce qu'il faut retenir : la mesure existe sur le papier depuis un an, mais son application concrète n'est pas confirmée à ce stade. Une clarification des autorités permettrait de savoir si le dispositif est suspendu, en cours de révision, ou simplement pas encore appliqué.

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